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Le passé colonial des Etats-Unis

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C'est un mensonge que la propagande reprend ad nauseam : les États-Unis n'auraient pas de passé colonial. Ceci pour nous faire accroire que les États-Unis ne seraient animés d'aucune velléité coloniale, que leur politique interventionnistes n'aurait rien à voir avec la prise de contrôle de richesses naturelles, mais guidée par le seul souci de préserver si ce n'est défendre, des valeurs que l'Occident considère universelles – les siennes. Un obscur cabinet d'experts internationaux belge soutenait encore ces balivernes sur LinkedIn au moment où Washington kidnappait Nicolas Maduro à Caracas, au prétexte que le président du Venezuela tremperait dans un narcotrafic dont les États-Unis seraient la principale victime. Avant même que Nicolas Maduro ait posé le pied à New-York, Donald Trump annonçait que les États-Unis prenaient le contrôle du Venezuela et les compagnies pétrolières américaines les champs pétrolifères du pays.  Les réserves du pays en hydrocarbure...

Haro sur les cafeux !

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La charge lancée par Gabriel Zucman pour le respect du principe constitutionnel affirmant l'égalité de tous devant l'impôt ne pouvait rester sans réponse. Jusque-là, les opposants les plus farouches à une imposition plus juste des 1% les plus aisés , se situaient dans la tranche de revenus des 3.000 à 5.000 euros : des gens qui s'estiment "un peu riche" et qui ne voudraient pas – si d'aventure ils devenaient "plus riche" et pourquoi pas "très riche" – devoir participer aux dépenses qu'entraine le principe de solidarité.  Pour les  1.800 très riches , les Bernard Arnault et consorts, cette imposition à hauteur de 2 % du patrimoine supérieur à 100 millions d'euros ne changera rien, ni à leur train de vie ni à leur fortune. S'ils doivent payer, ils paieront ; dans le pire des cas, ils trouveront une combine pour les récupérer… Cette proposition fait-elle de Gabriel Zucman un militant et même "un idéologue" d'extrême-...

Du risque d'être juge et partie

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La méthode devrait nous interpeler. Et même sérieusement nous interpeler ! La démocratie repose sur une séparation claire des pouvoirs : le législatif d'un côté, l'exécutif de l'autre, et à l'écart le judiciaire. Des lors que l'exécutif se met à légiférer ou à juger ; que le judiciaire se met à légiférer… les citoyens devraient s'interposer. Le 15 décembre 2025 – à l'initiative de la France – les institutions européennes ont "sanctionné" douze personnes qualifiées "d'agents de la déstabilisation russe en Europe". En d'autres termes, elles sont accusées – par des hommes politiques – de défendre et/ou de propager des idées contraires aux leurs. Encore une fois, ce n'est pas une opinion sur le fond. Dans la guerre d'intoxication (ou de désinformation), cela fait belle lurette qu'il est impossible de savoir où se situe la vérité, la nuance se situe en revanche uniquement dans le degré de mensonge auquel les uns et les aut...

Mort aux vaches

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L’abattage systématique des bovins vient jeter une lumière crue sur la perte de notre bon sens, de notre capacité de discernement et par-delà de notre aptitude au dialogue. Ce ne sont pas les vaches qui sont folles, mais bien les hommes, décidés aujourd’hui à tirer sur tout ce qui bouge. Dans l’océan de propagande qui fait désormais office d’information, surnage quelques faits : • La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) se transmet entre les animaux par l’intermédiaire des moustiques, des mouches et autres taons qui se nourrissent du sang des vaches. • Son taux de morbidité se situe entre 10 et 20 %, celui de mortalité est généralement très faible : 1 à 5 % selon l’ OMS En résumé :  • Ce n’est ni la peste ni le choléra ; les bêtes contaminées en ressortent même plus fortes.  • Elle est sans danger pour l’homme, elle ne se retrouve ni dans le lait ni dans la viande ! Alors pourquoi éliminer des troupeaux entiers de plusieurs dizaines, voire centaines, ...

Journal d’un prisonnier, de Nicolas Sarkozy

Il ne fallait pas passer à côté de ce coup d’édition autant que médiatique. Fort heureusement, ces 216 pages se lisent vite et ne demandent pas trop d’effort intellectuel. Le texte est d’un niveau collège, voir collège -. Sa publication nous confirme la fracture béante entre la classe politique et la société qu’elle prétend représenter. Dès les premières pages, Nicolas Sarkozy se dit surpris de se découvrir haï. Et on peut le comprendre : comment est-ce Dieu possible, alors qu’il ne peut pas faire un pas dans le XVIe arrondissement de Paris, à Neuilly et même au Parc-des-Princes sans être acclamé ! La première impression que laisse le livre du prisonnier 320535, c’est le décalage abyssal entre cet homme et la réalité. Le livre aurait pu s’intituler : à la découverte de la vraie vie ! Quand bien même François Hollande a fait oublier Sarko et Macron Hollande, Nicolas Sarkozy restera le petit roquet arrogant qui aura fait de l’intolérance sa marque de fabrique et des pa...

François Ruffin : J'ai un projet !

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C'est l'histoire de Jo-Jo et Fan-Fan. Jo-Jo aime Fan-Fan, éperdument ; mais Fan-Fan n'aime Jo-Jo que modérément. Aussi Jo-Jo est très malheureuse et elle pleure souvent, ce qui a le don d'agacer Fan-Fan. C'est un peu le ton du bouquin, qui fait glousser de plaisir les chroniqueurs d'extrême-droite (1). Fan-Fan, lui, a d'autres soucis. Depuis longtemps, tout petit peut-être, il a "un projet" en tout cas des ambitions, ce que (pour l'instant) Jo-Jo n'a pas. Chez les Picards, car l'histoire se passe en Picardie, c'est maladif semble-t-il : ils ont tous un projêeeet ! L'inconscient de Jo-Jo lui souffle qu'elle ne peut épouser l'un sans épouser l'autre (façon de parler). Ça tombe bien, elle ne sait pas trop comment s'occuper et adhère aux idées du Picard à 200 %, aussi s'engage-t-elle à corps perdu (c'est le cas de le dire) dans l'aventure de Fan-Fan. Derrière l'obsession de se faire aimer, que Jo-Jo n...

Brulez tout. Pour l'honneur de la police

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Je pourrais me contenter d'une simple phrase : un livre écrit par un flic pour les flics. Mais ce serait trop simple. D'un point de vue littéraire,  Brûlez tout  n'est pas un "mauvais bouquin". Il y a même, dans le traitement de la relation entre Sacha et Yannick, quelque chose de bouleversant que l'on ne s'attend pas à trouver dans un polar, surtout un polar écrit par un flic. Le livre lui-même se lit plutôt facilement, si ce n'était tous ces sigles dont on devine le sens, mais qui n'apportent rien. On a compris que Molmy* connaît la maison, il y a fait carrière et le jargon qu'il use ad nauseam fini par relever du private joke dont le lecteur se sent vite exclu.  La trame de l'histoire n'est pas très compliquée et l'on comprend tout de suite que les affaires sont toutes en rapport les unes avec les autres. Ce qui est dérangeant dans ce livre… c'est le fond politique qui, tout en s'apparentant à une "absence" de...