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Affichage des articles associés au libellé Mrap

Charles Palant et les "Malheureux crétins"

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C'est bien connu : «Le temps qui efface tout, n'efface pas le souvenir.» Maman avait fait graver dans le marbre cette pensée et l'avait déposée sur la tombe de Papa. Il y a des flashs comme ça !  Je revois encore Charles Palant debout sur le balcon du deuxième étage du 120 rue Saint-Denis à Paris. L'appartement, qui abritait le siège du Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la Paix (le Mrap) avait été en partie soufflé par une explosion, deux jours plus tôt ; attentat revendiqué par un obscur "groupe peiper" qui ne mérite même pas une majuscule. C'était à l'été 1977, joachim peiper avait été abattu quelques semaines plus tôt, à Traves en Bourgogne, où il coulait depuis 1972 une retraite paisible. Ancien officier SS, peiper avait été condamné à mort, en 1946 ; peine commuée en trente-cinq années de détention. Il avait finalement été libéré au bout de dix ans, en 1956. Charles Palant, debout sur le balcon du Mrap, le regard grave, écou...

Dan, en personne…

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Ce texte est paru dans un ouvrage publié, il y a trois ans déjà, à l'initiative de Sylvie Payet. Sylvie a donné carte blanche à une poignée d'auteurs autour d'un mot commun : l'amitié. Tout un programme… Plutôt que de disserter sur un concept, j'ai choisi d'évoquer le souvenir de celui qui probablement plus que tout autre, mais je ne voudrais froisser personne, a incarné l'amitié. Notre relation fut pourtant limitée dans le temps : quinze ans pour être précis. De quoi remettre sérieusement en cause Aristote, pour qui : « Celui qui n'est plus ton ami ne l'a jamais été. »   Ce juillet-là ne marquait pas un changement de saison, plutôt l'aube d'une ère nouvelle. Jusque-là, les gosses de ma génération n'avaient connu que la droite gaulliste et s'y opposaient avec autant de naturel que de détermination. La jeunesse est ainsi faite : elle s'affirme en contestant l'autorité du pouvoir en place, quel qu'il soit, surtout lorsqu...

L'honneur perdu du Quai d'Orsay

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La décision rendue le 12 avril, de remettre un titre de séjour à mon épouse, met un terme à un bras de fer de près de quatre ans (août 2020 – avril 2024) avec l'Administration – et la dit-plomatie française en particulier. Même si le ministère de l'Intérieur ne pouvait pas reconnaître à mon épouse le statut de "parent d'enfant français" que lui dénie le ministère des Affaires étrangères, il lui a bel et bien délivré le document que les dix plomates s'obstinaient à lui refuser pour la seule et unique raison de son "appartenance ou sa non-appartenance à une nation" – un des marqueurs du racisme le plus vil, tel que défini et puni par une loi portée par le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et adoptée à l'unanimité du Parlement 1er juillet 1972. De ce fait, Beauvau inflige un sérieux camouflet au Quai d'Orsay, tout en lui sauvant la face… Non seulement mon épouse est – depuis bientôt cinq ans – la mère ...

Immigration / Racisme : le péché originel

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Le sujet de la rentrée est annoncé depuis des semaines et Emmanuel Macron vient d'y ajouter sa voix en se prononçant, fin août dans Le Point , pour un renforcement de la politique anti-migratoire de la France. Étonnamment, personne ne replace jamais l'immigration dans une perspective historique qui en fait la conséquence d'une entreprise coloniale. Ce n'est rien de dire qu'à la fin des années 50, la France a raté la décolonisation de l'Afrique en ne saisissant pas cette opportunité pour renverser la politique d’asservissement qui fut la sienne aux XIXe et XXe siècle.  L'esprit colonial (dont la France n'a pas le monopole) ne date pourtant pas de cette époque et ne fut pas limité à l'Afrique. Au XVIe siècle déjà, la France tentait de s'implanter en Amérique du nord (Acadie et Canada) et finit par y arriver quelques décennies plus tard. À la fin du XIXe siècle, elle met le cap à l'Est et c'est au tour de la Cochinchine (région sud de la pén...