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L'honneur perdu du Quai d'Orsay

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La décision rendue le 12 avril, de remettre un titre de séjour à mon épouse, met un terme à un bras de fer de près de quatre ans (août 2020 – avril 2024) avec l'Administration – et la dit-plomatie française en particulier. Même si le ministère de l'Intérieur ne pouvait pas reconnaître à mon épouse le statut de "parent d'enfant français" que lui dénie le ministère des Affaires étrangères, il lui a bel et bien délivré le document que les dix plomates s'obstinaient à lui refuser pour la seule et unique raison de son "appartenance ou sa non-appartenance à une nation" – un des marqueurs du racisme le plus vil, tel que défini et puni par une loi portée par le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et adoptée à l'unanimité du Parlement 1er juillet 1972. De ce fait, Beauvau inflige un sérieux camouflet au Quai d'Orsay, tout en lui sauvant la face… Non seulement mon épouse est – depuis bientôt cinq ans – la mère ...

Changement de genre. Une esquive.

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L'histoire de ce couple vietnamien – rapporté par Vietnam Express International , un titre officiel – touche, sans le vouloir certainement au fond du problème. Je résume : une jeune-femme se sentirait mieux dans la peau d'un homme, oui mais pas n'importe lequel, un homme qui aime les hommes, un homme gay. Être une femme qui préfèrerait être un homme gay ! Fichtre comme disait mon beau-frère, qui l'était (gay). Elle entreprend donc une procédure pour changer de genre et rencontre un homme, se présentant lui aussi comme gay. Ils se marièrent. Très vite, Madame ressentit un irrésistible désir de maternité, ils conçurent donc un enfant… le plus naturellement du monde : Monsieur plantant sa tige de jade dans le lotis de Madame. Madame devenu monsieur se sentait donc encore un peu femme et Monsieur qui se sentait gay ne s'est pas fait prier et laissa tomber la porte du jardin pour ensemencer son partenaire par la grande porte. Tout ça pour finir (accepter d'être ?) Ma...

La critique est facile, mais…

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Ce texte, rédigé en février 2021, a été publié dans le numéro spécial (#3) de la revue Ciné Critique , édité en novembre 2021 par le Festival international du film d'Amiens, dans le cadre de la célébration de son quarantième anniversaire.     Nous étions début septembre. Tu verras, avait dit J.-P., l’arrière-saison est belle en Picardie. Ça tombait bien, j’avais vraiment besoin de me changer les idées. Comme le moteur de ma vieille 404 dans laquelle nous voyagions, ma vie peinait à démarrer ; je roulais même sur les jantes depuis un moment. Je caricature à peine. J.-P. m’a installé boulevard de Saint-Quentin. Tu veux faire quoi de ta peau, m’a-t-il demandé ? Écrire. Alors vas-y. Et là, la page blanche m’a renvoyé le vide des vingt et une années qui venaient de s’écouler. Nous étions en 1978, j’avais prévu de me poser ici deux à trois semaines, je suis resté près de huit ans. Dans un troquet du centre-ville où les « camarades » – ...

L'Europe prise au piège américain en Ukraine

Et si la Russie n'était pas l'objectif principal des États-Unis dans la guerre qui se déroule depuis deux ans en Ukraine ? Lorsqu'ils ne s'adonnent pas à leurs travaux littéraires où photographient les plages désertes au couchant, les bouffeurs de Ferrero-Rocher doivent bien envoyer quelques notes à nos Macron, Von der Leyen et consorts ! Tout le monde a donc conscience d'une chose très simple : qu'ils aiment Poutine ou qu'ils le détestent… jamais les Chinois ne prendront le risque de laisser un régime allié aux États-Unis s'installer à leur frontière.  Tous les régimes qui se sont succédés depuis la nuit des temps, de Nanjing à Beijing, en passant par Luyong et Chang'an n'ont eu de cesse d'entretenir si ce n'est consolider un système de défense au nord de l'empire – sur la frontière sino-russe précisément – dont une légende tenace prétend qu'elle serait visible depuis la Lune – ce qui est bien évidemment faux : une muraille de pl...

Ruffin, président !

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François Ruffin est-il si différent des autres hommes politiques et plus particulièrement des hommes politiques de gauche ? Le livre de Rachid Laireche (1) a du mal à répondre clairement à la question, tant l'auteur ne cache pas la fascination qu'exerce sur lui son sujet. Pourtant La Revanche des bouseux ne peut s'empêcher de croquer le portrait d'un homme obsédé par son parcours de l'ombre à la lumière, en d'autres termes : par sa carrière. Ruffin, ne déroge pas à la règle : il poursuit un objectif. Il ne supporte pas ne pas être dans la lumière, au centre de l'admiration. Il a une obsession : être et rester le chef, le grand chef. En politique, le grand chef, s'appelle le président de la République et, in fine , l’Élysée est bien sa quête ultime.  Il y a de l'imposture chez Ruffin. Comme le médecin veut montrer qu'il souffre de la maladie de son patient, l'avocat se déclare solidaire de son client, l'homme politique – plus particulièr...

Le do-jang, lieu des transformations

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 Article paru le 25 janvier 2023 sur le site de la Fédération France Soo Bahk Do Moo Duk Kwan   Marc Mangin est un élève de Maître Choi Eui-Sun, ayant commencé la pratique du Soo Bahk Do en même temps qu’Élodie Mollet en 1995. Ils étaient voisins de ligne, et à ce titre fréquemment partenaires d’entraînement. À la fin de l’année 1998, il est le premier élève à se rendre en Corée pour s’entraîner. Ce texte raconte le contexte de son départ, et la manière dont il a vécu son expérience. Un aperçu de la manière dont une pratique martiale touche à la spiritualité .  L’affaire s’est « discutée » autour d’un plat de spaghettis, dans le petit studio que Maître Choi occupait, rue Mouffetard. Je mets des guillemets parce qu’il y avait en général si peu de mots qu’il me semble toujours exagéré de qualifier de discussions nos échanges, pourtant fréquents. Ils ressemblaient plutôt à deux monologues qui se croisaient, sans se répondre forcément. Nous profitions de la présence...

José l'anarchiste

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Ce n'était pas une maison bleue adossée à la colline, mais une vieille baraque qui donnait, à l'Ouest sur la RN 20, à l'Est sur les voies de chemin de fer de la ligne Paris-Orléans. Il y avait un poêle au milieu de la pièce principale sur lequel Carmen, l'hiver, mettait à chauffer une brique. Une fois à bonne température, elle l'emballait dans une serviette et la glissait au fond de mon lit pour que j'y pose les pieds. On ne sait jamais, la mort arrive toujours par les pieds disait-on aux enfants. Alors je cessais de pleurer. C'était en 1960, j'avais deux ans ; je me demandais bien ce que je fichais là et pourquoi je n'étais pas avec ma mère et mes sœurs. Eux, je les voyais les fins de semaine et puis, les dimanches soirs, José me ramenait à Cercottes dans sa 2CV brinquebalante. C'était qui ce José, d'ailleurs ? Je viens de l'apprendre au hasard de mes déambulations sur le net . Voilà : L 'anarchiste et anarcho-syndicalist...