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La "justice" des puissants. Deuxième partie

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Jusqu'à la fin des années 2010, existait à Maubert-Mutualité, derrière le commissariat du Ve arrondissement de Paris, un restaurant vietnamien dans lequel flottait l'âme d'une jeunesse qui, après la chute de Dien Bien Phu était venue étudier dans la capitale de l'ancienne puissance coloniale. Rien à voir avec le Foyer Vietnam (80, rue Monge), il s'agissait du Minh Duc , à l'angle de la rue Basse-des-Carmes et de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Bien que j'y vinsse très régulièrement, le Minh Duc avait la particularité d'être désert, le soir. On avait même l'impression de déranger le taulier. Je ne lui ai jamais demandé son prénom, mais il avait une tête à s'appeler Gérard. Il ne mettait même pas de cette musique soporifique, typique des restaurants asiatiques. De ce fait, l'endroit était très reposant. Gérard m'aimait bien, je ne sais pas pourquoi. Il prenait toujours le temps de tailler une petite bavette ; s'enquérait de l...

La "justice" des puissants. Première partie

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Nous nous voyions depuis quelques années déjà lorsque le « Laboureur d'idées » que j'évoque dans Instants damnés [1] me fit cette remarque : « Ce n'est peut-être pas le meilleur lieu pour vous faire entendre. Vous savez écrire, alors écrivez. » Je l'entendis soupirer avant de lâcher les trois mots habituels me signifiant la fin de la séance : « Bien. À Vendredi. » Ou peut-être était-ce « À mardi. » Pourquoi pas à mercredi ou jeudi, nous nous voyions trois fois par semaine. C'était en tout cas l'heure de poser les biffetons sur le coin de sa table et de le saluer. Me restait un à trois jours pour réfléchir à ce qu'il venait de me dire… Le Laboureur d'idées parlait des tribunaux. En fait, non : mon propos se concentrait depuis des mois sur les tribunaux où je me (dé)battais pour ne pas disparaître de la vie de mes fils. C'était le milieu des années 90, j'allais tranquillou sur mes 40 ans et, si j'avais perdu pas mal d'illusions, une idée h...

Non, les cons… ça n'osent pas tout !

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Le 31 juillet, nous avons enfin reçu un livret de famille dont la demande remontait au 29 février – cinq mois plus tôt. Pour être franc, nous n'espérions plus trop en voir la couleur. Ce n'est que le troisième… en quatre ans ! Sur le premier, je trônais seul avec Louise dont la mère apparaissait de façon marginale, en tout cas pas sur la page dédiée, face à celle du "Père". Sur le "machin", comme l'aurait qualifié le général De Gaulle, qui vient de nous être remis, ne figure aucune Marianne ! La République nous tournerait-elle le dos ? À propos de couleur… il est d'une blancheur virginale, comme si l'Administration avait à cœur d’exaucer notre vœu. Ce livret low cost a tout d'un document provisoire : les mentions habituelles "Père" et "Mère" sont purement et simplement absentes ; l'espace qui leur est réservé pourrait très bien, comme sur les documents de l’Éducation nationale, être rempli par la mention : "Pare...

La Chine, véritable cible des Occidentaux !

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Les trente-deux pays de l'Otan, réunis à Washington les 10 et 11 juillet ont donc lâché le morceau. En présentant la Chine comme jouant "un rôle déterminant dans la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine", les Occidentaux lui adressent une déclaration de guerre à peine voilée. Car bien évidemment, la Russie n'est qu'une étape [1] dans une guerre qui, longtemps, s'est dite froide, sauf pour les États-Unis et leurs alliés. Faire tomber la Russie, objectif avoué de la guerre lancée en Ukraine, aurait comme effet secondaire de fragiliser la coquille derrière laquelle la Chine se protège. Longtemps, le dispositif américain d'encerclement de la Chine – cet empêcheur de régner en maître absolu sur le monde – reposait sur les deux puissantes bases entretenues aux Philippines : Subic pour l'armada de la VIIe flotte et Clark, pour les escadrilles de la 2e armée aérienne. À ces infrastructures s'ajoutaient les troupes au sol déployées en Corée (60.00...

La Sécu articulation de "la société de contrôle"

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Certains le déplorent, d'autres y voient le signe d'un humanisme qui, depuis 1789, caractérise la France : toute personne résidant sur le sol français de façon "stable et régulière" a droit à la prise en charge de ses frais de santé. La protection universelle est un acquis que personne ne peut contester sauf à apporter la preuve que son prétendant ne réside pas de manière "stable et régulière" sur le sol français. Un déplacement temporaire ne saurait constituer une rupture dans cette stabilité ou cette régularité, sauf à supprimer l'idée même de vacances et de mobilité. Madame N. l'a appris à ses dépens. Madame N., d'origine vietnamienne, vit en France depuis fin 2020 avec son compagnon (Français) et leurs deux enfants (Français). L'expatriation n'est pas facile à vivre tous les jours, mais Madame N. place la famille au-dessus de tout. Comme tout individu, sa famille "du moment" ne lui fait pas oublier celle d'où elle vient ...

L'esprit colonial. Une valeur sûre, qui résiste au temps

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Vivian Hamy a eu la bonne idée de remettre Léon Werth au goût du jour. Antimilitariste notoire, anticolonialiste avéré, Léon Werth s'est est allé en Cochinchine, comme s'appelait le Viêt-nam au temps béni des colonies, répondant à une invitation de l'avocat Paul Monin – à qui Werth dédie le récit de son voyage, qu'il publiera l'année suivante sous le titre Cochinchine . Paul Monin – un type dont les idées le range à l'extrême-droite de l'échiquier politique – ce qui ne l'empêchera pas d'être un véritable humaniste – lui fera rencontrer Nguyên An-ninh patron de La Cloche fêlée , journal nationaliste pour ne pas dire indépendantiste, dans lequel l'intellectuel vietnamien écrit, en 1925 (il a alors 25 ans) : Nguyên An-ninh « Ce qu’il nous faut, ce n’est pas des imitations serviles qui, loin de nous libérer, nous attachent à ceux que nous imitons. Il nous faut des créations personnelles jaillies de notre sang même ou œuvres d’une réaction qui s’est ...

Moi, président !

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Les électeurs ne s'en rendent pas compte, mais la campagne bat son plein à l'image de ce qu'est devenu le débat politique: des attaques personnelles en lieu et place de la confrontation des points de vues, des idées, des propositions. C'est le comble de l'entre-soi : les hommes politiques parlent des hommes politiques. Ça ne fait pas une émission sur Radio Londres ! L'état de délabrement de la France est tel et les enjeux pour la redresser si nombreux qu'il ne serait pas difficile de faire quelques propositions pour mettre tout le monde d'accord et ramener vers les urnes les millions d'abstentionnistes que chaque scrutin convainc d'être la septième roue du carrosse. Commençons par la nécessaire bataille du rail, dont aucune politique écologique ne saurait faire l'économie. La dérive ultralibérale de la société à fait du train le mode de transport des riches. Et les bétaillères low cost ne donneront pas le change : il est aujourd'hui plus ...